| La longue traîne : Mythe ou réalité ? Un débat rondemment mené, mais sans table... |
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Mercredi 21 janvier, fin d'après-midi... L'ouverture du troisième volet des tables rondes se fait attendre. Après les enjeux de la numérisation des salles de cinéma et la VOD, il est question ce soir de "Longue traîne"... Un sujet qui a le mérite de laisser songeur ! Silence, on tourne... Pas facile de trouver une place en arrivant dans le hall du Centre des congrés, en cet endroit confiné réservé au déroulement des débats. Le public, de tous âges, attend patiemment la présentation des invités assis sur l'estrade, l'un à coté de l'autre. 17h15, on se lance sans "traîner" dans le vif du sujet, en commençant par déplorer l'absence de Françoise Benhamou, chercheur au CEPN, elle ne pourra éclairer notre lanterne ce soir, faute d'épidémie saisonnière... Les deux invités présents sont Philippe Le Guern, Maitre de conférence à l'Université d'Angers et co-directeur d'un master professionnel - Direction de projets dans les nouvelles filières culturelles - et Vincent Paul-Boncour, distributeur, co-fondateur et directeur de Carlotta Film. A peine les présentations terminées, les questions affluent : Que signifie cette expression de "Longue traîne" ? Les nouvelles technologies permettent-elles réellement de diversifier la distribution, la production et la consommation des produits culturels ? Où en est finalement la nouvelle économie de l'Art ? Philippe Le Guern prend donc la parole le premier en insistant une nouvelle fois sur l'absence de F.Benhamou, si précieuse lorsque l'on traite de la longue traîne... Il débute sa présentation en expliquant que l'expression "longue traîne" (de l'anglais Long Tail) a été employée pour la première fois par Chris Anderson dans un article qu'il a publié en 2004 puis dans un ouvrage paru en 2007. Ce concept - ou comme il préfère la nommer - cette hypothèse, n'est pas si récente mais connait dernièrement un net succès du fait de sa simplicité et de son optimisme. En effet, cette traine représente le modèle attractif du marché des produits issus des industries culturelles. Ce marché est représenté par une courbe, d'une part les produits que l'on nomme le Star-system, ceux qui sont recherchés par une grande partie du public et très vendus et de l'autre part, les produits peu ou pas connus, qui sont de plus en plus nombreux mais recherchés par un nombre restreint de personne. La traine est donc la ligne qui représente ces produits peu vendus mais de plus en plus importants sur le marché. Quand il est question de ce phénomène encore appelé "longue queue", on fait donc référence à la distribution, la promotion et la consommation de toutes sortes de produits culturels... Il est finalement question d'enjeux économiques et sociologique quant à la production au niveau culturelle. Puis Vincent Paul-Boncour poursuit en insistant sur l'incidence des nouvelles technologies, l'importance des relais d'informations et l'adaptation constante dont doivent faire preuve les distributeurs et promoteurs. D'autant plus que ces derniers, et bien d'autres doivent prendre en compte l'évolution constante du milieu culturel avec la VOD, la numérisation etc. et doivent mettre en place de nouvelles façon de toucher un public de plus en plus solliciter. On est dans "Une société qui souffre d'une pénurie d'attention" conclue V. Paul-Boncour. Les deux invités s'accordent finalement à dire qu'il est essentiel de développer des goûts hétéroclites à travers la promotion des "produits confidentiels" pour que cette longue courbe filante culturelle puisse encore trainer... Et c'est avec des échanges d'idées et d'espoirs pour le développement culturel en devenir que le rideau se ferme. A défaut de débat, c'est finalement un moment de partage enrichissant qui se clotûre. Une longue traîne, un mariage entre des diversités économiques, culturelles et un publique en recherche croissante d'images et de rêves... Anna P.C |