| 1984: Année de longue haleine (Wenders/Leone) |
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Ce mercredi dans la catégorie Plans Américains, la fuite éperdue en avant avait du bon grâce à deux fleurons du panthéon cinématographique, différents dans leurs thèmes et leurs traitements, mais ayant en commun leur extraordinaire densité (et leur année de sortie, 1984). Au Centre des Congrès, la réalisatrice Claire Denis a présenté avec émotion Paris, Texas de Wim Wenders, film pour lequel elle a été assistante du réalisateur. Dans ce long-métrage qu’on conseillerait plus de ressentir que de seulement visionner, le scénariste Sam Shepard (que Wim Wenders retrouvera en 2005 pour Don’t come knocking) s’essaye à décrypter le cœur d’un homme. Où l’on suit un homme déboussolé, Travis, retrouvé par sa famille après 4 ans d’errance à travers le pays : seul, muet, déconnecté, ce sera tout un travail de la part de l’intéressé pour reprendre ses marques dans un monde qui le dépasse déjà. Et comment faire face à ses démons quand on ne sait pas par où commencer ? Retour aussi sur Il était une fois en Amérique, film de Sergio Leone, présenté aux Variétés pour clôturer la journée. Difficile d’éviter les lieux communs quand on évoque une telle œuvre, riche et extrêmement dense, sorte de dernier témoignage ciné d’un Sergio Leone capable de l’endurance nécessaire pour nous relater sa chronique. Après s’est attaqué à la conquête de l’Ouest et à la révolution mexicaine, Sergio Leone s’attache à retranscrire une dernière époque de l’histoire américaine, à savoir la prohibition et le développement du gangstérisme dans le cadre d’un New York en pleine mutation. Monté de façon à solliciter en permanence le public, le film fait des bonds entre passé et présent, joue sur les points de vues de ses personnages et condense en quasiment 4h de film les tranches de vies sur 20 ans de 4 copains bien déterminés à accomplir leur rêve américain. On retiendra le point de vue principal de l’histoire, concentré sur Robert de Niro, forcé de fuir son quartier (demandant un « one way ticket », aller-simple symbolique), avant d’y revenir des années plus tard pour y trouver les réponses afin de refermer ce chapitre de cette vie agitée. Entre amitiés, coups bas, trahisons et coups d’éclats, le ton grave de cette chronique douce amère nous ramène au temps de ces productions ambitieuses, réunissant un casting imparable parmi lesquels un James Woods extraordinaire, Joe Pesci, William Forsythe, Treat Williams et une Jennifer Connelly alors débutante. Un film à (re)découvrir avec un plaisir évident !! Pour l’occasion, particulière vu la durée du film, la séance a été momentanément interrompue en cours de route pour changer la bobine, nous offrant à la reprise la bande-annonce d’époque du long (très long) métrage : un petit bonus sympathique salué par la salle.
François Provost |