| Déjà 30 ans que dans l'espace, personne ne vous entend crier... |
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Les responsables de la programmation nous gâtent en sélectionnant deux films de Ridley Scott dans la catégorie Plans Américains, série de longs-métrages s'attardant sur les premiers films américains de cinéastes européens. On aura l'occasion de revenir sur Blade Runner très prochainement, alors que l'évènement pour beaucoup de cinéphiles (pas si tordus) au Centre des Congrès ce lundi, était la projection sur grand écran de (*émotion*) Alien, le huitième passager. L'histoire, tout le monde la connaît en partie : Dérouté par un signal d'origine inconnu, le vaisseau commercial Nostromo et son équipage se retrouvent au prise avec un parasite du genre plutôt violent, à la croissance très rapide, crachant de l'acide et appréciant à l'occasion un hôte humain pour y pondre ses oeufs... La suite, ce n'est évidemment que du bonheur. Déjà rigoureux formellement après Les Duellistes (son premier film), Ridley Scott s'entoure pour ce projet américain d'une équipe britannique, ainsi que du suisse H.R.Giger, créateur de plusieurs des décors hantant le film et designer officiel de la bête qu'on ne verra que subrepticement pendant toute la durée de cette chasse en très haute altitude. Déjà, on perçoit chez Ridley Scott certaines de ces tendances à s'attarder sur ses personnages (véritablement sacrifiés au service d'un conglomérat tout puissant), tout comme sa propension à créer des atmosphères de futur éthéré, immédiatement identifiables par ces jeux de lumières et son ambiance lugubre perfectionnée sur Blade Runner quelques années plus tard. Intelligemment mis en scène où l'on pourrait tenir un tableau de décompte des victimes, Alien (sous-titré « Le huitième passager » dans nos contrées) est un monument de mise en scène au montage montant crescendo, suffisamment malin pour ne pas s’en tenir strictement qu’à la labellisation facile de simple film de science-fiction. Présenté par un Jean-Baptiste Thoret débordant d'enthousiasme devant ce qu'il estime être « un film parfait de bout en bout » dans le genre qu'il aborde, force est de constater que 30 ans après, ce film de terreur extraterrestre se tient toujours très bien. Coincé dans la vague fascinante des films de SF où extraterrestres en tous genres se croisent (Star Wars et son bestiaire parlant en 77, E.T. et ses vélos volants en 82), Alien détonne par son traitement de film d'horreur où tout est suggéré jusqu'à un face-à-face final qui tient toutes ses promesses.
Avant que James Cameron ne fasse de Aliens (7 ans plus tard) un film de guerre barbare dans l'espace, Ridley Scott fignolait les bases de la saga à venir avec cette série de plans désormais mythiques montrant Ellen Ripley, femme forte déambulant dans des couloirs enfumés, lance-flamme à la main et peur panique inscrite sur le visage : l'essence de la série, rien que ça !
A découvrir d’urgence si ce n’est toujours pas fait !
François Provost + de Ridley Scott ? Chronique de Blade Runner
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